Répartition des bénéfices et pertes dans les SCI

SOMMAIRE

Investir via une société civile immobilière (SCI) offre de nombreux avantages en termes de gestion, de transmission et de fiscalité. Cependant, l’une des questions clés pour les associés concerne la répartition des bénéfices et des pertes. Une répartition mal définie peut générer des conflits, des difficultés fiscales et des tensions entre associés.

Cet article détaille les bonnes pratiques, les règles légales et fiscales, ainsi que les stratégies à adopter pour sécuriser vos opérations.

Base légale de la répartition dans les SCI

Répartition selon les statuts

Selon l’article 1844-4 du Code civil, les bénéfices et les pertes d’une SCI sont, par défaut, répartis proportionnellement aux parts détenues par chaque associé, sauf disposition contraire dans les statuts. 

  • Exemple : si un associé détient 40 % des parts et un autre 60 %, les bénéfices et pertes suivent cette proportion.
  • Les statuts peuvent prévoir une répartition différente, par exemple des majorations pour certains associés, mais cela doit être clairement écrit et accepté par tous.

Répartition en cas de déficit

  • Les pertes sont également supportées par les associés au prorata de leurs parts, sauf clause particulière dans les statuts.
  • Une mauvaise rédaction des statuts peut entraîner des conflits en cas de déficit, notamment si des associés souhaitent limiter leur participation aux pertes.

Fiscalité des bénéfices et pertes dans une SCI

SCI à l’IR (Impôt sur le revenu)

  • Dans une SCI à l’IR, les bénéfices sont imposés directement au niveau des associés, proportionnellement à leurs parts.
  • Les pertes générées par la SCI peuvent être déduites des autres revenus fonciers des associés, sous certaines conditions (plafond de 10 000 € par an pour les déficits fonciers déductibles du revenu global si le déficit provient de travaux sur immeuble locatif).


Bonnes pratiques :

  • Vérifier que la répartition prévue dans les statuts est compatible avec la fiscalité.
  • Documenter les pertes imputables à chaque associé pour éviter les litiges fiscaux.

SCI à l’IS (Impôt sur les sociétés)

  • Les bénéfices sont imposés au niveau de la société à 25 % (taux standard 2024).
  • La répartition des bénéfices vers les associés se fait sous forme de dividendes, qui sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 %, incluant impôt sur le revenu et prélèvements sociaux.


Bonnes pratiques :

  • Anticiper la répartition en dividendes pour optimiser la charge fiscale globale.
  • Maintenir une trésorerie suffisante pour couvrir la distribution prévue.

Bonnes pratiques pour la répartition des bénéfices et pertes

Rédiger des statuts précis et détaillés

  • Définir clairement le mode de répartition (proportionnelle aux parts, majorations, clauses particulières).
  • Prévoir les modalités de calcul des bénéfices et pertes : date de clôture, traitement des charges, amortissements éventuels.
  • Inclure des clauses de révision annuelle si nécessaire.

Tenir une comptabilité rigoureuse

  • Comptabilité précise = base fiable pour la répartition.
  • Les écritures comptables doivent être conformes aux règles fiscales et civiles.
  • Utiliser un logiciel comptable ou faire appel à un expert-comptable spécialisé en SCI.

Planifier les distributions de bénéfices

  • Décider au préalable du montant à distribuer et de celui à laisser en réserve pour travaux ou remboursement d’emprunt.
  • La réserve statutaire permet de sécuriser la trésorerie et d’éviter les tensions entre associés.

Anticiper les pertes et déficits

  • Prévoir un plan de financement des pertes, notamment via apports en compte courant d’associé.
  • Déterminer comment chaque associé participe aux pertes exceptionnelles.
  • Éviter les clauses ambiguës qui peuvent créer des conflits ou des redressements fiscaux.

Cas pratiques : exemples de répartition

SCI familiale à l’IR

  • 3 associés : A (50 %), B (30 %), C (20 %).
  • Bénéfice net : 10 000 € → répartition A = 5 000 €, B = 3 000 €, C = 2 000 €.
  • Déficit généré par travaux : 6 000 € → imputation A = 3 000 €, B = 1 800 €, C = 1 200 €.

SCI patrimoniale à l’IS

  • 2 associés à parts égales.
  • Résultat de 50 000 € imposé à 25 % → 12 500 € d’impôt société.
  • Distribution décidée : 30 000 € → PFU de 30 % pour chaque associé.
  • Réserve conservée : 7 500 € pour travaux.


Ces exemples illustrent l’importance d’anticiper la
trésorerie, la fiscalité et la répartition statutaire.

Points de vigilance

  • Éviter les clauses ambiguës dans les statuts : elles sont sources de litiges.
  • Bien documenter les décisions d’assemblée générale validant la répartition.
  • Séparer clairement bénéfices distribuables et bénéfices conservés pour réserve.
  • Respecter la fiscalité applicable pour éviter les redressements.

Conseils pour une répartition optimale

  • Rédiger des statuts clairs et compatibles avec la stratégie fiscale.
  • Tenir une comptabilité à jour pour faciliter la répartition.
  • Planifier les distributions pour sécuriser la trésorerie.
  • Anticiper les pertes et définir la participation de chacun.
  • Faire appel à un expert-comptable spécialisé en SCI pour valider les calculs et les choix fiscaux.

Conclusion

La répartition des bénéfices et des pertes dans une SCI n’est pas seulement une obligation légale : elle est un outil de prévention des conflits, d’optimisation fiscale et de sécurité patrimoniale. En respectant les bonnes pratiques :


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MA‑SCI.Immo, nous accompagnons nos clients dans la rédaction de statuts optimisés, la tenue de comptabilité SCI et la définition de stratégies de répartition adaptées à chaque projet.

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