Un conflit entre associés de SCI peut rapidement empoisonner vos relations familiales ou professionnelles et bloquer toute décision importante. Quand la confiance se fissure, la gestion quotidienne devient difficile et vous avez l’impression que votre patrimoine est en danger. Pourtant, même en cas de conflit intense entre associés de SCI, il existe une véritable méthode pour reprendre le contrôle.
Nous vous proposons ici un guide très concret pour comprendre vos options, de la discussion amiable aux actions en justice, et choisir celle qui protège le mieux vos intérêts comme ceux de la société.
Comprendre le conflit entre associés de SCI
Avant de choisir une solution, il est essentiel de bien cerner la nature du conflit entre associés de SCI. On confond souvent simple désaccord ponctuel et mésentente profonde qui paralyse la société.

Causes fréquentes de mésentente
- Divergence sur la stratégie patrimoniale (mise en location, travaux, vente d’un bien, niveau d’endettement)
- Répartition jugée injuste des charges ou des bénéfices
- Rôle du gérant contesté (sentiment de gestion opaque, décisions prises sans consultation, confusion sur l’étendue de ses pouvoirs)
- Situation familiale complexe (SCI familiale, succession, divorce, nouveaux conjoints)
- Entrée d’un nouvel associé sans avoir bien balisé les règles communes
Pour mieux comprendre ce qui relève du pouvoir du gérant et ce qui doit être décidé collectivement, vous pouvez vous appuyer sur un guide dédié au rôle du gérant de SCI, très utile pour clarifier le périmètre de chacun.
Quand le conflit devient juridiquement dangereux
La vraie alerte survient lorsque le désaccord empêche la SCI de fonctionner normalement :
assemblées générales impossibles à tenir ;
— aucune décision importante prise pendant une longue période ;
— impossibilité de voter des travaux indispensables ou une vente nécessaire.
Dans ces cas, la mésentente peut justifier la dissolution judiciaire de la SCI sur le fondement du Code civil. L’objectif est alors de protéger la société et le patrimoine des associés, même si le conflit est ancien ou si vous avez vous-même contribué à la tension.
Solution 1 : Anticiper grâce à un pacte d’associés
Le rôle du pacte d’associés dans une SCI
La meilleure manière de gérer un conflit entre associés de SCI reste de l’anticiper avant même qu’il n’apparaisse. C’est le rôle du pacte d’associés.
Un pacte complète les statuts et permet de prévoir dans le détail :
— conditions de sortie d’un associé (droit de préemption, obligation de proposer ses parts) ;
— cas d’exclusion (faute grave, comportement bloquant) ;
— modalités d’entrée de nouveaux associés (clause d’agrément) ;
— mécanismes anti-blocage (arbitrage ou médiation obligatoire avant procès).
Si vous êtes en phase de création ou de révision de votre SCI, il est pertinent de retravailler aussi les statuts pour les rendre plus protecteurs. Même si le conflit est déjà là, il est parfois possible de négocier un pacte « de crise » qui encadre la suite des opérations.
Solution 2 : Organiser une médiation amiable
En quoi consiste la médiation
Un médiateur neutre et indépendant aide les associés à reprendre le dialogue dans un cadre sécurisé et confidentiel, clarifier les attentes de chacun, identifier les vrais points de blocage et construire un accord sur mesure.
Types d’accords possibles
La médiation peut aboutir à une nouvelle répartition des pouvoirs, un ajustement du rôle du gérant, un accord sur les charges et bénéfices, une cession de parts, ou encore la mise en place de nouvelles règles de gouvernance. Son principal atout est sa rapidité et son coût maîtrisé par rapport à un procès.

Solution 3 : Mettre en place une conciliation pédagogique
Le rôle de la conciliation dans un conflit entre associés
Proche de la médiation mais plus technique, la conciliation fait intervenir un avocat ou un expert qui audite la situation (statuts, dettes, décisions déjà prises), identifie les blocages juridiques et propose des solutions structurées :
— cession de titres ;
— réduction ou augmentation de capital ;
— adaptation des clauses statutaires.
Elle est particulièrement efficace lorsque le désaccord porte sur des questions techniques : valorisation des parts, interprétation des statuts ou modalités de vote.
Solution 4 : Recourir à l’arbitrage
Si vos statuts ou votre pacte prévoient une clause d’arbitrage, vous pouvez confier le litige à un arbitre ou à un tribunal arbitral. Les avantages sont nombreux :
— procédure souvent plus rapide ;
— décision ayant la même force qu’un jugement ;
— confidentialité totale.
L’arbitrage convient aux conflits à forts enjeux financiers ou techniques, sous réserve d’un coût parfois élevé et d’un cadre contractuel déjà prévu.
Solution 5 : Exercer le droit de retrait de la SCI
Lorsque la cohabitation devient impossible, un associé peut demander son retrait pour justes motifs. Concrètement, l’associé formule une demande officielle ; la SCI ou les autres associés doivent racheter ses parts ; en cas de refus, le tribunal judiciaire peut ordonner le retrait et fixer la valeur des parts. Cette voie préserve votre patrimoine sans faire disparaître la SCI, mais la valorisation des titres est l’enjeu central.
Solution 6 : Négocier une sortie assistée ou une réorganisation
Entre la négociation informelle et la saisine du juge, il est possible d’organiser une négociation assistée par un professionnel. Celui-ci évalue objectivement les parts, étudie plusieurs scénarios (cession, rachat, réorganisation du capital) et anticipe les conséquences fiscales. Le but est d’aboutir à un accord équilibré et juridiquement sécurisé.
Solution 7 : Demander la dissolution judiciaire de la SCI
Ultime recours lorsqu’aucune décision collective utile n’est plus possible, la dissolution judiciaire suppose de prouver l’intérêt à agir, la paralysie durable et les conséquences néfastes pour le patrimoine. Le tribunal ordonne ensuite la liquidation ; les biens sont vendus et le produit réparti après paiement des dettes.
À faire et à ne pas faire en cas de conflit
| À faire | À ne pas faire |
|---|---|
| Mettre par écrit tous les échanges importants | Décider seul des mesures importantes |
| Relire statuts et pactes pour vérifier les règles | Bloquer systématiquement toutes les décisions |
| Vérifier la régularité des décisions passées | Confondre patrimoine de la SCI et personnel |
| Proposer une médiation ou conciliation rapidement | Négliger la tenue des assemblées et procès-verbaux |
| Faire appel à un professionnel dès les premiers blocages | Attendre que la situation mette la SCI en péril |
| Documenter l’impact concret du conflit sur la gestion | Engager une procédure sans avoir exploré l’amiable |
Mini FAQ sur le conflit entre associés de SCI
Comment savoir si un conflit justifie une action en justice ?
Une action se justifie lorsque la mésentente empêche durablement la SCI de fonctionner : impossibilité de tenir des assemblées, absence totale de décisions stratégiques ou blocage de la gestion courante. Un avis juridique permet de qualifier la situation.
Le gérant peut-il être révoqué en cas de conflit ?
Oui, si les statuts le prévoient et qu’une faute de gestion ou un dépassement de pouvoirs est établi. Vérifiez les clauses statutaires précises avant d’engager la révocation.
Peut-on modifier les statuts pour sortir d’un conflit ?
Oui : ajuster les règles de majorité, préciser les pouvoirs du gérant, ajouter une clause de médiation ou d’agrément pour les cessions peut débloquer la situation, sous réserve de respecter les conditions de modification statutaire.
Que faire si un associé ne paie plus sa part de charges ?
Commencez par vérifier la régularité des appels de fonds, mettez en demeure l’associé défaillant, puis envisagez une médiation ou une négociation sur une éventuelle sortie. Certaines clauses statutaires prévoient des mécanismes spécifiques pour ces cas.

Conclusion : gérer un conflit entre associés de SCI
Gérer un conflit entre associés de SCI demande sang-froid, méthode et bonne compréhension des outils juridiques disponibles. En privilégiant d’abord les solutions amiables (médiation, conciliation, négociation assistée), vous préservez votre patrimoine et vos relations personnelles. Si nécessaire, des mécanismes plus forts comme le retrait ou la dissolution judiciaire existent pour sortir définitivement d’une impasse.